L’association naît de l’envie de mutualiser les savoirs et compétences de chacun, de partager des sensibilités convaincus que la création et la culture ouvrent un champ de possibles et permettent à chacun de s’inscrire au sein d’un groupe et plus globalement dans la société.

La rencontre et la collaboration de Benoît Lagarrigue et Joana Jaurégui autour de la réalisation d’un documentaire sur des personnes âgées en situation de rue en Argentine, suivie de la réalisation d’un court-métrage en maison d’accueil spécialisée, donneront naissance à l’association Les Ateliers à ciel ouvert.
La pratique des Ateliers à ciel ouvert a souvent pour point de départ ces questions d’Oury et Tosquelles: « Qu’est-ce je fous là? Qu’est-ce que tu fous là? » ce qui les amène à poser celle-ci: Qu’est-ce qu’on fait ensemble?

Les projets proposés par Les Ateliers à ciel ouvert utilisent les médiums que sont la vidéo, la sculpture, le théâtre, l’écriture, la photo, le dessin permettant de s’inscrire dans un temps et un espace commun, celui de la création. Chaque participant est convié à faire, avec ce qu’il est, ce qu’il peut, ce qu’il veut. Il s’agit de faire ensemble… Les artistes intervenants s’engagent comme porteur de désir suscitant l’envie d’exprimer et de s’engager dans une expérience personnelle et collective.
La volonté d’être au plus juste dans la pratique artistique avec ces publics les amène à faire le choix de travailler en binôme, ce qui est plus propice à la disponibilité, l’écoute et la prise en compte des singularités de chacun. Cela permet aussi dans l’échange, d’être dans une pratique en mouvement, sans cesse remise en question.
Interpellés par les représentations liées à la maladie, la folie, l’enfermement, la marginalité, le handicap, les artistes des Ateliers à ciel ouvert orientent leur pratique sur le regard porté à l’autre, la différence. Les ateliers participatifs permettent de donner la parole à ces publics sujet de ces représentations, et à la fois de déconstruire celles qui leur sont propres.

Riches de leurs expériences professionnelles et artistiques, leur regard s’attache à extraire de la poésie d’expressions, de comportements souvent incompris et stigmatisés en instaurant un décalage grâce à la création artistique. Ils tentent de donner d’autres clés de lecture, partant de ce qui est, de ce qui se passe, du réel de chacun… transformer ce qui fait habituellement non-sens en quelque chose de partageable.

La sensibilité de l’association Les Ateliers à ciel ouvert se traduit par:
– l’intérêt pour des questions telles que la marginalité, l’enfermement (qu’il soit physique ou symbolique), le rapport à l’autre et à soi-même
– le désir d’instaurer un décalage, en donnant un sens poétique à ce qui peut être perçu comme du non-sens.
– une pratique qui se construit avec les acteurs du projet, en prenant en compte leurs spécificités.
– un projet qui mobilise toute une institution, et vient réinterroger les places de chacun, en les situant comme acteur du projet.